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Soutenance de thèse d’Emmanuelle Reimbold

Épreuves de la reconnaissance. Stratégies, solidarité et concurrence des victimes de la Grande guerre (1914-1930)

Emmanuelle Reimbold (ED 113, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) a le plaisir de vous convier à la soutenance de sa thèse intitulée « Épreuves de la reconnaissance. Stratégies, solidarité et concurrence des victimes de la Grande guerre (1914-1930) », préparée sous la direction de Nicolas Offenstadt, maître de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

La soutenance se déroulera le lundi 13 novembre à partir de 9 h.
Salle 6 (aile Soufflot, esc. M, 2e ét.)
Centre Panthéon
12 place du Panthéon, Paris 5e

Le jury sera composé de :

  • Monsieur Rémi Dalisson, professeur d’histoire contemporaine, université de Rouen ;
  • Madame Sarah Gensburger, directrice de recherche en science politique au CNRS, Sciences Po Paris ;
  • Madame Élise Julien, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Sciences Po Lille ;
  • Madame Odile Roynette, professeure d’histoire contemporaine, université de Bourgogne.

Résumé

Cette thèse s’intéresse à la construction d’une hiérarchie officieuse des catégories de victimes de guerre pendant la Première guerre mondiale puis dans les années 1920. En effet, tandis que certaines catégories de victimes conservent leur notoriété, comme les mutilés, ou gagnent leur reconnaissance, comme les anciens combattants, d’autres sont mises de côté, notamment les combattants « indigènes ». Cette hiérarchisation résulte de choix qui évoluent entre 1914 et 1930.

Cette thèse se fixe pour objectif d’identifier les raisons de ces tris, les processus à l’œuvre et les protagonistes de cette politique mémorielle sélective. Les principales sources utilisées, le Journal officiel et deux journaux de victimes de guerre, le Journal des mutilés et réformés et La Voix du combattant, illustrent cette construction et éclairent les motivations qui ont justifié ces choix. Le Journal officiel documente les différentes formes de reconnaissance et de réparation accordées aux victimes et précise les distinctions qui sont faites selon les intérêts de l’État. Les journaux de victimes de guerre développent de leur côté des arguments pour défendre la cause des victimes en intégrant eux aussi des différences. Ceci contraint les catégories délaissées à modifier leur discours pour se faire entendre ou à accepter cette invisibilisation. Les journaux révèlent ainsi la complexité des relations entretenues par ces victimes de guerre qui se côtoient, s’entraident ou s’ignorent.

L’ensemble de ces écrits alimente la construction mémorielle de la guerre et désigne ses représentants les plus dignes. Il reflète aussi les enjeux de pouvoir et de représentation et, ce faisant, les intérêts de ceux qui ont le pouvoir de faire ces choix. Mais cette hiérarchie n’est pas intangible. Les régions envahies et leurs populations, négligées dans les débats français, constituent un argument essentiel lors des négociations internationales. Les réparations accordées aux combattants « indigènes » varient d’une colonie à une autre selon les besoins des autorités coloniales. L’ordre hiérarchique varie donc selon l’arène des discussions et les intérêts en jeu.

Publié le 25 octobre 2023, mis a jour le mardi 14 novembre 2023

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