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Matthieu Haroux (ED 113, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) soutiendra sa thèse de doctorat intitulée « Jean-Baptiste de Rochambeau (1725-1807) : Expériences de la guerre, réflexions militaires et stratégie d’élévation entre réformes et révolutions, en Europe et en Amérique », réalisée sous la direction de Bertrand Van Ruymbeke (université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis), Benjamin Deruelle (université du Québec à Montréal) et Hervé Drévillon (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).
La soutenance se tiendra le samedi 26 septembre 2026, à partir de 14 h, dans l’amphithéâtre Bachelard en Sorbonne (17 rue de la Sorbonne, Paris 5e).
La thèse sera présentée devant un jury composé de :
Afin d’établir la liste des personnes autorisées à entrer dans le bâtiment et de faciliter l’organisation, merci de lui signaler votre présence par courriel avant le 23 septembre inclus à l’adresse suivante : mattharoux@gmail.com
Pour accéder aux locaux de l’Université, nous vous rappelons que la pièce d’identité est obligatoire pour toutes les personnes extérieures à Paris 1. Une vérification des sacs peut être demandée.
Cette thèse retrace la carrière de Jean-Baptiste de Rochambeau (1725-1807), un officier de la noblesse militaire provinciale né sous Louis XV et devenu maréchal de France sous la Révolution française. L’objectif est d’examiner la manière dont il est parvenu à s’élever en privilégiant le service armé de l’État et en cultivant ses idées sur les réformes militaires entre Europe et Amérique.
Rochambeau se forme au combat pendant les guerres de Succession d’Autriche et de Sept Ans, multipliant les engagements dans des armées françaises projetées loin des frontières. Par une discipline morale fondée sur l’honneur, il obtient le respect de ses troupes tandis que ses innovations tactiques lui valent la reconnaissance de ses supérieurs. Rochambeau sait néanmoins qu’il faut gagner les faveurs du roi pour bénéficier d’un avancement conséquent. Sa famille œuvre pour (ré)activer ses réseaux à Versailles alors que l’officier préfère le service de l’État.
Sa volonté de réformer les armées le porte vers l’inspection générale de l’infanterie. Pendant près de vingt ans, il profite de sa position au sein de l’appareil militaire pour corriger les dysfonctionnements de l’armée. Plaçant le mérite militaire au cœur de ses réflexions, il veut favoriser la noblesse fonctionnelle de province dans le choix des futurs officiers et encourager l’émulation des soldats. Rochambeau préfère défendre ses idées au sein de comités d’experts en voie d’institutionnalisation ou sur les terrains d’exercices pour contourner une querelle milittéraire jugée stérile.
Ces expériences l’amènent au commandement en chef d’un corps expéditionnaire français en Amérique entre 1780 et 1783, auxiliaire de Washington. Pendant plus d’un an, Rochambeau, le général américain et la Marine établissent un commandement interallié efficace qui, par la combinaison de leurs forces respectives, les porte vers les victoires de la Chesapeake et de Yorktown en 1781. À son retour, Rochambeau s’inquiète des désordres politiques et financiers du royaume et critique une aristocratie campée sur ses privilèges courtisans.
Bénéficiant d’une forme de « certificat civique » au début de la Révolution, il se voit confier plusieurs commandements alors que l’armée s’insère progressivement dans un nouveau régime constitutionnel. Élevé au grade de maréchal de France en 1791, il doit mener une offensive dans les Pays-Bas autrichiens qui échoue au printemps 1792. Un temps soupçonné de césarisme, il est incarcéré pendant huit mois par le Tribunal Révolutionnaire. Libéré faute de preuve, il achève sa vie en écrivant ses Mémoires publiés en 1809.
Publié le 5 septembre 2026
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