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Soutenance de thèse de Valentin Barrier

Mener la guerre en République (1792-1793). La naissance du Comité de salut public

Valentin Barrier (ED 113, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) soutiendra sa thèse de doctorat intitulée « Mener la guerre en République (1792-1793). La naissance du Comité de salut public », réalisée sous la direction d’Hervé Drévillon, Jean-Luc Chappey et Michel Biard.

La soutenance se tiendra le samedi 17 octobre 2026, à partir de 9 h, dans la salle 6 du site Panthéon (12 place du Panthéon, Paris 5e).

La thèse sera présentée devant un jury composé de : 

  • Jean-Luc Chappey, professeur des universités, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (directeur)
  • Michel Biard, professeur des universités, université de Rouen Normandie (directeur)
  • Anne Rolland-Boulestreau, professeure des universités, université catholique de l’Ouest (rapportrice)
  • Walter Bruyère-Ostells, professeur des universités, Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence (rapporteur)
  • Virginie Martin, maîtresse de conférence, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (examinatrice)
  • Nicolas Rousselier, professeur des universités, Institut d’études politiques de Paris (examinateur)
  • Michael Rowe, Reader in European history, King’s college London (examinateur)

Afin d’établir la liste des personnes autorisées à entrer dans le bâtiment et de faciliter l’organisation, merci de lui signaler votre présence par courriel avant le 12 octobre inclus à l’adresse suivante : Valentin.Barrier@univ-paris1.fr
 
Pour accéder aux locaux de l’Université, nous vous rappelons que la pièce d’identité est obligatoire pour toutes les personnes extérieures à Paris 1. Une vérification des sacs peut être demandée.

Résumé

 Cette thèse étudie la conduite de la guerre sous la Première République française, de la chute de la monarchie à l’affirmation du Comité de salut public, entre 1792 et juillet 1793. Elle interroge la manière dont un régime républicain naissant, engagé dans une guerre extérieure, redéfinit les rapports entre souveraineté législative, pouvoir exécutif et commandement militaire. En plaçant la décision stratégique au croisement de l’histoire politique, institutionnelle et militaire, elle propose de comprendre la guerre non comme un simple contexte, mais comme un moteur de la recomposition des pouvoirs.

L’originalité de la méthode suivie tient à l’étude fine d’un large éventail de sources rarement croisées : débats de la Convention, travaux des comités, correspondances des ministres et des généraux, les plans stratégiques, et la presse, afin de comprendre la conduite de la guerre comme un processus situé à l’intersection des institutions, des opérations et de l’espace public révolutionnaire. La thèse montre ainsi que la guerre transforme les institutions autant qu’elle est façonnée par les luttes politiques. Cherchant à dépasser les lectures qui réduisent cette évolution à une « dictature d’Assemblée », à une victoire des Montagnards ou à l’avènement d’une guerre totale, l’étude montre que le Comité de salut public naît d’un processus conflictuel et incertain. Sa formation résulte des tensions entre les principes politiques de la République, et les exigences propres à la conduite d’une guerre. Les faiblesses de l’Exécutif, les difficultés logistiques, l’autonomie des généraux et les revers militaires accélèrent cette réarticulation des pouvoirs, sans pour autant abolir les débats sur l’équilibre à trouver.

Cette dynamique fait apparaître, au cœur de l’expérience républicaine, une fonction gouvernementale distincte : une capacité de délibération, d’arbitrage et de direction stratégique, progressivement transférée des ministres vers les comités de la Convention. Le Comité de salut public devient alors le lieu d’une stabilisation provisoire de cette fonction, avant que la Constitution de l’an I n’envisage sa réinscription dans un pouvoir exécutif réorganisé. Sa création et sa pérennisation doivent donc être comprises moins comme l’avènement mécanique d’une confusion des pouvoirs que comme une expérimentation républicaine menée sous contrainte guerrière.

Cette analyse réévalue enfin les rapports politiques au sein de la Convention. La direction de la guerre ne se superpose pas simplement à l’affrontement entre Gironde et Montagne : elle contribue à en définir les termes, en transformant les questions militaires en enjeux de légitimité politique. L’évolution du conflit accentue les accusations réciproques, mais favorise aussi l’émergence d’un groupe modéré, appuyé sur la Plaine, qui cherche à préserver l’unité de la Convention. De par l’action de ce groupe, la création du Comité de salut public apparaît aussi comme un compromis politique.

Publié le 28 septembre 2026, mis a jour le jeudi 1er octobre 2026

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