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Doctorant
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (ED 113)
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Contrat doctoral de l’université Paris 1 pour trois ans (2024-2027).
Sujet : L’armée aux ordres du jour. Les comités au Ministère de la Guerre 1774-1848
Directeurs de thèse : Jean-Luc Chappey
Date de première inscription : septembre 2024
Cette présentation a été publiée dans la lettre d’information de l’IHMC de juin 2022
Au sortir de la Guerre de Sept Ans en 1763, le royaume de France et son armée rentrent dans une ébullition intellectuelle qui va provoquer de nombreuses réformes à la fois du cadre théorique, du matériel et du personnel des forces militaires du pays. C’est dans ce cadre que, sous le cours secrétariat d’État de la Guerre du duc d’Aiguillon (1720-1788) en 1774, on voit apparaître le premier comité directement organisé pour rassembler parmi les plus hauts gradés et spécialistes militaires dans des réunions régulières afin de réformer la cavalerie et ses manœuvres. Cette pratique du comité s’installe alors durablement au Ministère de la Guerre, connaissant de nombreuses évolutions des premiers tâtonnements sous l’Ancien Régime à une généralisation et une stabilisation sous la Monarchie de Juillet. En concurrence avec d’autres structures organisant des réunions régulières d’officiers supérieurs et généraux afin de conseiller le Ministre sur les décisions à prendre et les réformes à mettre en place, comme les commissions intermédiaires ou les conseils de la guerre, les comités semblent s’imposer dans le temps long avec des procédures qui se précisent, des réseaux d’information qui se dessinent et des circulations de papiers et de savoirs qui s’institutionnalisent.
En s’intéressant aux papiers produits par, pour et sur ces comités, tout en analysant les pratiques concurrentes que sont les commissions temporaires et les conseils, cette thèse se propose d’analyser la réunion de travail comme un objet historique à part entière pour dévoiler des pratiques de réforme à la frontière entre pratiques orales et écrites, des dynamiques de conseil et d’expertise par des spécialistes au cœur d’un ministère en contrepoint du travail politique des ministres et du travail administratif des bureaux et, enfin, des enjeux d’appropriation et de partage de champs de savoir spécifiques par et entre des corps militaires.
Cette étude sur le temps long, qui traverse plusieurs régimes et renversements politiques, s’interroge donc sur les évolutions, les améliorations et différenciations de la pratique du comité et, somme toute, de la réunion régulière de personnes reconnues comme spécialises, au plus près du pouvoir politique. Entre les procès-verbaux de séances, les rapports modifiés après lecture en comité, les lois, ordonnances ou règlements et les analyses sur l’intérêt d’une telle organisation et sur ses formes désirables, le tout avec un rapport à la structure même des archives de ces comités, cette thèse cherche donc à proposer une première histoire de la réunion comme outil de travail, de légitimation et de suivi des décisions pour l’évaluation et les réformes potentielles de l’action de l’État, en l’occurrence ici dans le domaine militaire, en amont de toute décision politique.
Publié le 26 novembre 2024, mis a jour le lundi 22 juin 2026
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