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Mardi 13 février 2024, de 9 h à 17 h 30
Salle BM 002, Campus centre
Université Paris-Est Créteil
61 avenue du Général de Gaulle, Créteil (94)
Journée d’études organisé par Clément Fabre et Marie-Albane de Suremain (CRHEC, UPEC), ainsi que Sara Legrandjacques (associée à l’IHMC et à l’Institut Convergences Migrations).

Étudier les navires comme lieux de l’histoire impériale : voici la gageure que cette journée d’études entend relever. Si l’importance des routes maritimes dans la constitution, le maintien et la vie économique des empires coloniaux, le rôle des compagnies maritimes ou encore la diversité des professions maritimes n’ont pas manqué de retenir l’attention des historien·ne·s, l’histoire des traversées maritimes au sein des empires coloniaux, de leur expérience concrète et des configurations sociales qui s’y nouent, reste en effet largement à écrire. En embrassant dans une même interrogation des formes de mobilité très diverses – contraintes ou choisies – au sein de configurations impériales elles-mêmes multiples et changeantes, il s’agit avant tout d’explorer les situations – au sens où Georges Balandier parlait de « situation coloniale » – qui se cristallisent à bord des navires long-courriers.
Le cloisonnement de ces espaces en groupes ou en classes hiérarchisées de passagers, de la soute jusqu’au pont, construit-il, rejoue-t-il, exacerbe-t-il même le feuilletage des sociétés coloniales ? Le « grand partage » au cœur des ordres coloniaux est-il au contraire ébranlé par la nécessaire cohabitation en mer ? Les traversées constituent-elles un moment d’enfermement temporaire qui exacerbe les stratifications coloniales et les situations de servitude ou conduisent-elles à distendre les hiérarchies entre passagers de statuts et de conditions variées, à mesure que le navire s’éloigne des colonies et se rapproche de la métropole ?
En somme, il s’agit ici de mettre au jour la diversité des scènes socio-politiques qui composent ce drame dont le navire constitue l’unité de lieu.
9 h | Accueil des intervenants
Le navire à vapeur des compagnies britanniques, lieu de circulation sous contrôle des marins coloniaux (1906-1960)
Justine Cousin (université de Caen)
Les traversées maritimes de l’Asie des passagers du paquebot l’Ernest Simons (1894-1915)
Arthur Diolez (LUHCIE, université Grenoble-Alpes)
Le ferry, instrument des liaisons postcoloniales entre Marseille et le Maghreb (années 1960-1990)
Fabien Bartolotti (TELEMMe, Aix-Marseille Université)
12 h 30 - 14 h | Pause déjeuner
Vivre et travailler comme “boy” à bord des navires des Messageries Maritimes (1851-années 1940)
Stéphanie Soubrier (université de Genève)
SHIPPAN et la santé à bord des paquebots, de l’intime au global
François Drémeaux (université d’Angers / California State University)
Les “cabinets-ambulants” de l’expédition Baudin (1800-1804). Une histoire de la mise en collection sur les navires dans une entreprise impériale
Léonie Boissière (CMMC, université Côte d’Azur)
Faire voile vers la colonie britannique de Singapour. Les 120 jours de traversée maritime de quatre jeunes bourgeois de Hambourg (1840-1848)
Marine Fiedler (chercheuse indépendante)
Expatriation, déportation, expédition : trois aspects de la traversée maritime pendant la première guerre anti-impériale cubaine (1868-1878)
Romy Sanchez (CNRS / IRhiS, université de Lille)
Partir à la « conquête ». Expériences, rituels et sociabilités des militaires de l’État indépendant du Congo lors des traversées maritimes de l’Europe à l’Afrique centrale (années 1880-1900)
Lancelot Arzel (Centre d’Histoire de Sciences Po)
« La peau d’un Blanc lui est fort agréable ! » Traverser les océans entre la Nouvelle-Calédonie et la France, toute une affaire de logistique et d’intimités impériales (années 1860-1930)
Maud Druais (université Paris Cité / CIERA, université Laval)
Publié le 31 janvier 2024, mis a jour le mardi 7 mai 2024
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