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Samedi 8 février 2025, de 9 h 30 à 12 h 30
Salle Marc Bloch
17 rue de la Sorbonne, Paris 5e
Coordinateurs : Yoann Paysserand et Zoé Peuch-Lestrade
Voir aussi le programme sur le site de l’ED 113
Yoann Paysserand et Zoé Peuch-Lestrade
Clémence Pesme (IHMC)
Au tournant des xvie et xviie siècles, la situation confessionnelle des territoires héréditaires habsbourgeois est intrinsèquement mêlée au contexte politique impérial. En Basse et Haute-Autriche la noblesse est principalement luthérienne et constituée en Stände, c’est-à-dire en États provinciaux qui définissent la politique des territoires héréditaires habsbourgeois avec le prince territorial, mais en opposition grandissante à sa politique confessionnelle. Les précepteurs au coeur de cette étude sont recrutés par deux familles de cette noblesse d’État protestante, Tschernembl dans les années 1580 et Starhemberg à partir de 1608, pour conserver et transmettre le protestantisme à leurs enfants. La formation que les précepteurs dispensent est alors un moyen pour les familles de sauvegarder leur protestantisme, considéré comme partie intégrante de leur héritage nobiliaire. L’étude de l’activité de ces trois précepteurs permet de souligner la responsabilité qui leur incombe d’enseigner de manière à affermir la confession – luthérienne pour Tschernembl, calviniste pour Starhemberg – de leurs élèves et les moyens mis en oeuvre pour tenter d’arriver à leur fin, et à celle des parents qui les recrutent.
Zoé Peuch-Lestrade (IHMC)
La chimie pharmaceutique se développe en tant que premier enseignement scientifique appliqué au sein de l’université d’Athènes dès la fondation de cette institution en 1837. Arrivé en Grèce en tant que pharmacien à la cour du roi Othon Ier, Xaver Landerer devient le professeur responsable de cet enseignement de 1837 à 1869. À travers des logiques d’appropriation et de transmission de pratiques enseignantes issues des universités bavaroises qu’il a fréquentées, Landerer participe activement au développement de son enseignement en Grèce ainsi qu’à sa spécialisation au niveau disciplinaire. Cette communication a pour but d’interroger la pratique enseignante de Landerer, considéré comme le « Lavoisier grec », par le biais des archives matérielles et financières encore peu utilisées. En effet, la constitution de la collection de pharmacologie pose des questions centrales en termes d’organisation matérielle des savoirs.
Landerer demande par exemple la construction d’une salle pour dispenser ses enseignements expérimentaux au sein de l’université. Il s’agira ainsi d’analyser le processus de construction du champ disciplinaire spécialisé de la chimie pharmaceutique qui se structure à l’interface de la faculté de médecine et de philosophie.
Dîlan Öztürk (Arscan)
Cette communication s’intéresse au système éducatif en Mésopotamie, et plus spécifiquement à l’enseignement des scribes sumériens, entre le IIIe et le début du IIe millénaire av. J.-C. L’invention de l’écriture cunéiforme, vers 3200 av. J.-C., a été un tournant majeur, nécessitant rapidement l’établissement d’écoles pour former les fonctionnaires destinés aux tâches administratives et religieuses, tant dans les palais que dans les temples. Le cursus scolaire des scribes se structurait en deux grandes étapes : une phase élémentaire, centrée sur l’apprentissage des signes cunéiformes, du vocabulaire et de la grammaire sumérienne, suivie d’une phase avancée, où les élèves étaient initiés à l’étude des textes littéraires, mythologiques et des savoirs plus complexes. À partir d’une analyse de l’historiographie assyriologique et d’une sélection variée de textes, cette communication retrace l’évolution de l’enseignement des scribes sumériens en Mésopotamie. Elle met en lumière les méthodes pédagogiques, les matériaux utilisés et la hiérarchisation de l’éducation, tout en éclairant l’importance de cette transmission de savoirs pour la gestion des cités-États et la pérennité de la culture mésopotamienne.
Yoann Paysserand (IHMC)
Les proposants convertis sont à première vue les candidats parfaits pour conduire une réflexion en histoire de l’éducation. Ces apprentis pasteurs étudient la théologie protestante lorsqu’ils se convertissent au catholicisme. Ils sont chargés d’instruire les populations dans la foi de leur nouvelle confession après avoir été reformés brièvement. D’étudiants protestants, ils se muent ainsi en enseignants catholiques. Pourtant, écrire cette histoire pose des problèmes méthodologiques considérables. En premier lieu, ces personnages sont largement méconnus et surgissent principalement au détour de sources catholiques du xviie siècle. Leur qualité même de proposant n’est pas certaine, un nombre important de faussaires essayant de la revendiquer afin de percevoir une pension du clergé. De plus, alors que leur vie en tant qu’étudiant pasteur a laissé très peu de traces, les modalités de leur réformation sont bien souvent allusives. Quant à leur nouvelle carrière d’enseignant en tant que prédicateur catholique, elle n’est pas plus simple à approcher. Comment proposer quelques jalons d’une histoire de l’éducation des proposants convertis malgré ces limites ?
Pierre Verschueren, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Franche-Comté
Publié le 10 avril 2025, mis a jour le lundi 14 avril 2025
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