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4-6 mars 2026 à Paris-Aubervilliers (Campus Condorcet).
Ce colloque se tient dans le cadre du programme Mondo500 de l’École française de Rome
Les propositions en français, en anglais ou en italien, d’une longueur maximale de 300 mots et accompagnées d’un bref curriculum vitae, devront être envoyées à migrations.savoirs@gmail.com avant le 1er juillet 2025.
L’organisation prendra en charge, dans la mesure du possible, les frais d’hébergement et de transport.
Au début de l’époque moderne, Naples, Rome et Venise voient affluer simultanément en leur sein des communautés et des individus contraints à l’exil. Les trajectoires de Grecs et d’Albanais fuyant l’avancée ottomane, de Juifs expulsés des couronnes d’Espagne et du Portugal, de captifs nordafricains et subsahariens transportés de force en Italie, de membres de l’Eglise catholique chassés des espaces passés à la Réforme, ou encore de divers exilés politiques en provenance du reste de l’Europe et de la Méditerranée témoignent de la diversité de ces mobilités forcées aux contours multiples. Cette hétérogénéité rend d’autant plus difficile l’identification, la définition et la mesure des degrés de contrainte qui pèse sur les individus et les groupes dans leur parcours, tant pour les contemporains que pour les historiens [BERTRAND, BRICE et INFELISE, 2022]. Néanmoins, si les motivations du déplacement peuvent varier selon les acteurs, ces mouvements sont tous caractérisés par un départ forcé qui les distingue des formes de mobilités liées à des contraintes économiques ou sociales.
Or, dans ces trois villes – qui sont au coeur du programme d’études Mondo500 de l’Ecole française de Rome auquel ce colloque se rattache – ces individus et ces communautés participent à l’élaboration de nouveaux savoirs sur le monde, à l’instar de figures désormais bien connues (Jean Léon l’Africain, Olaus Magnus, Jean Lascaris, etc.) mais aussi d’une multitude d’autres acteurs, encore peu étudiés ou restés anonymes. Ce colloque vise donc à examiner les relations entre les formes contraintes de mobilités et de migrations et la production de savoirs sur le monde dans ces trois villes italiennes au début de l’époque moderne (mi xve-mi xviie siècle). Il s’attachera à identifier les multiples rôles des acteurs dans l’arène savante tout en questionnant les raisons de cette invisibilité relative. En particulier, il s’agira d’explorer comment le statut de ces déplacés dans ces trois villes et la situation d’incertitude propre à leur condition d’étranger [CERUTTI, 2012] se matérialisent par les empreintes complexes et contrastées que leur parcours imprime dans les archives mais aussi dans la nature même des savoirs auxquels ils et elles ont contribué.
En effet, si certains individus conçoivent et composent en leur nom propre des ouvrages et des traités – notamment historico-géographiques –, d’autres, grâce à leurs compétences linguistiques et philologiques, participent à des entreprises de traduction et d’édition, tandis que nombre d’entre eux sont mobilisés par d’autres producteurs de savoirs comme informateurs plus ou moins ponctuels. La diversité de ces modes d’intervention invite alors à prolonger les travaux récents consacrés aux mobilités contraintes et aux rôles des exilés dans la production de savoirs [BURKE, 2017]. Si l’historiographie s’est concentrée pour l’époque moderne sur certains espaces - notamment méditerranéens [CALAFAT et GRENET, 2023] - certains types sociaux - les élites intellectuelles [AMAR et GREEN, 2022] - ou certains types de déplacés - comme les réfugiés religieux [TERPSTRA, 2015 ; CONEYS WAINWRIGHT et MICHELSON 2020] - elle n’a pas encore pleinement réussi à croiser ces différentes approches. L’entrée par l’histoire urbaine de Naples, Venise et Rome permettra de faire dialoguer ces trois focales, en les intégrant dans une culture du déplacement plus large qui caractérise le xvie siècle [SALZBERG, 2023].
Ainsi les déplacés investissent l’ordre des savoirs, à Naples, Rome et Venise, en raison de leurs compétences – parfois exagérées, mises en scènes ou inventées – de leurs connaissances, mais aussi d’objets qui les accompagnent et qui constituent pour eux des ressources leur permettant de s’intégrer dans le tissu urbain et de tenter d’améliorer leur condition de vie. Leur contribution à cet ordre local des savoirs est aussi façonnée par les dynamiques de patronage dont ils bénéficient et l’écosystème savant de ces trois lieux de savoir, écosystème qu’ils peuvent également mobiliser par la suite tant le séjour dans ces villes italiennes ne constitue pour certains qu’une étape d’une vie mobile. En retour, les autorités de ces cités cherchent à capitaliser sur les expériences de ces individus et communautés pour enrichir leur emprise sur le monde. Ces autorités pratiquent à leur égard des politiques différenciées, selon les villes mais aussi les périodes, et non dénuées d’ambiguïté, entre volonté d’encourager l’implantation de cette présence étrangère et de captation de leurs savoirs, et désir de contrôler voire d’en restreindre la diffusion.
Dans ce cadre général, on pourra par exemple étudier :
Publié le 20 mai 2025, mis a jour le mercredi 2 juillet 2025
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