"})
Accueil > Vie scientifique > Soutenances de thèses et HDR
Pauline Teyssier (ED 113, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) soutiendra sa thèse de doctorat intitulée « Encadrer et soigner la folie : une histoire politique, matérielle et sociale de l’hospice de Charenton (1797-1825) », réalisée sous la direction de Jean-Luc Chappey
Elle se tiendra le samedi 4 octobre 2025 à partir de 9 h, au centre Panthéon, salle 6 (12 place du Panthéon, Paris 5e, escalier A, deuxième étage droite).
La soutenance sera suivie d’un pot auquel vous êtes convié·e·s. Pour établir la liste des personnes invitées autorisées à entrer dans les bâtiments de l’université afin d’assister à la soutenance, merci de lui indiquer votre présence à l’adresse pau.teyssier@gmail.com avant le 22 septembre. Pour accéder au site, il vous faudra être muni·e·s de l’invitation téléchargeable ici (.pdf, 183 ko), ainsi que d’une pièce d’identité ; le personnel présent à l’entrée pourra vous demander d’ouvrir vos sacs.
Elle sera présentée devant un jury composé de :
La fin du xviiie siècle est une période fondatrice pour la psychiatrie. Pourtant, les pratiques thérapeutiques et les modalités de prise en charge des patients restent encore trop peu connues.
L’histoire de la psychiatrie au tournant du xviiie siècle et du xixe siècles a longtemps été celle de la pensée médicale, écrite à partir des traités théoriques canoniques et des biographies de grandes figures médicales. L’enjeu de cette thèse est plutôt de relire ce moment fondateur de la psychiatrie par le biais des acteurs – soignants et malades – et des pratiques thérapeutiques au sein de l’hôpital de Charenton. À partir d’un corpus de sources encore jamais mobilisé, les archives financières de l’établissement, l’objet de cette recherche est ainsi de proposer une histoire politique, sociale et matérielle de la maison de Charenton, depuis sa réouverture en 1797 jusqu’à 1825, année de l’arrivée du médecin Esquirol ouvrant une période mieux connue de l’historiographie.
Alors que, en 1797, le Directoire exécutif décide d’instaurer pour la première fois un financement public partiel de l’hôpital, marquant ainsi le début d’une prise en charge par l’État d’un établissement qui se spécialise dans le traitement de la folie, le premier axe de cette étude vise à mieux comprendre l’évolution des sources de financement de la maison de Charenton. Cette analyse financière permet de mettre en lumière le degré d’engagement politique des différents régimes qui se succèdent, entre le Directoire et la Restauration, et les logiques financières qui président à la prise en charge du traitement des aliénés. Le deuxième enjeu de cette recherche est de replacer l’expérience des patients et des soignants dans un long processus de médicalisation et de professionnalisation des métiers liés au traitement de la maladie mentale. Enfin, il s’agit de mettre au jour les permanences et les innovations dans les pratiques de soin à partir d’une approche matérielle de la comptabilité qui nous révèle les achats et travaux effectués au sein de l’établissement. Cette histoire politique, sociale et matérielle de la prise en charge des aliénés permet ainsi de proposer une autre lecture de l’histoire de la psychiatrie et d’interroger plus généralement la place du fou dans la société au tournant du xviiie siècle et du xixe siècle.
Publié le 8 septembre 2025, mis a jour le mardi 7 octobre 2025
Version imprimable